Les traditions

L'origine de l'abeille du couteau Laguiole

Si les mouches étaient des abeilles, ça se saurait quand même !

Personne n'aurait inventé le papier tue-mouches, celui qui pendait en rouleau jaunâtre au plafond des cuisines pas plus que le gobe-mouches, prison de verre posée sur les tables de nuit. Il y aurait même du miel de mouche, c'est tout dire ! Ecoutez si vous voulez les mouches du coche qui vous disent qu'au sommet du ressort du Laguiole, on peut voir l'abeille qui survola l'Empereur du Pont d'Arcole à Waterloo. Mais si vous passez par l'Aubrac, approchez-vous donc d'un troupeau de nos grands bœufs d'Aubrac. N'ayez pas peur quand ils vous regarderont droit dans les yeux, faites la même chose et profitez-en pour voir un peu partout autour d'eux une autre joyeuse bande en promenade, une bande de mouches de l'Aubrac, jolies comme tout et pas farouches. Abeille ou mouche sur le Laguiole ? En tous cas, il n'y a pas de quoi la prendre la mouche !

L'abeille de Laguiole

De génération en génération, de l'ami à l'ami, en échange d'une piécette pour ne pas rompre l'amitié, le Laguiole se transmet, s'offre, se conserve et avec lui, toute une mémoire vive passe de poche en poche, d'imaginaire en imaginaire...

 

Mouche ou Abeille


En termes de coutellerie, le couteau laguiole fait parti des couteaux dits "à mouche". La mouche étant précisément la petite métallique triangulaire ou ovale (dotée ou non d'un anneau), qu'il fallait tirer vers le haut  pour permettre à la lame de se refermer (cran d’arrêt).

Aujourd'hui, sur le laguiole à cran forcé, la mouche a perdu son rôle fonctionnel d'antan mais elle serait donc restée sous forme figurative en décoration pour le souvenir de cette élement technique.

Reste à savoir s'il s'agit vraiment d'une mouche représentée ou d'une abeille.

 

 

Une chose est sure c’est que tous les couteaux historiques n’ont pas une abeille. Certaines mouches représentaient une face humaine, un trêfle à quatre feuilles (gage de porte-bonheur), une coquille Saint-Jacques (en référence au chemin de Saint Jacques qui traverse l’Aubrac), une mouche lisse, sans dessins. Sur certains couteaux il n’y avait meme pas de mouche. 

 

   

 

 

L’abeille

Une légende dirait que Napoléon premier aurait autorisé les habitants de Laguiole à porter une abeille sur le blason de la ville pour les récompenser de leur comportement de bravoure. Aucun écrit n'a jamais confirmé cette légende. De plus, cela serait très étonnant car les Aveyronnais de l'Empire passaient pour réfractaires au service militaire.

 

 

 

Une autre légende disait que Napoléon III aurait octroyé l'abeille. Nous pouvons réfuter cette légende de la même manière.

 

Une autre explication viendrait d'une déformation de langage. Effectivement, dans la langue d'oc, abelhasignifié abeille et pourrait s'identifier phonétiquement à lobeyro. Ce dernier désigant une virole d'assemblage occupant la même place que l'abeille sur le couteau de Laguiole.

Une chose est sure, la première abeille apparue sur un couteau de Laguiole seulement début 1909 …

 

La croix du berger

 

La légende dit que les bergers transhumants plantaient la lame de leur couteau dans le pain. Le couteau étant vertical, la croix leurs servait alors d’oratoire pour la prière 

 

Pourquoi un couteau Laguiole se vend et ne s’offre pas ?

 

Une coutume dirait que tout objet tranchant ne s’offre pas sous peine de couper l’amitié - ou l’amour !- entre la personne qui reçoit le couteau et celle qui l’offre.

Pour conjurer ce mauvais sort (ou par tradition), la personne se faisant offrir un couteau de Laguiole doit donner en échange une pièce de monnaie ; mais pas n’importe laquelle, elle doit être la plus petite pièce que la personne a sur elle pour montrer que ce n’est pas une histoire d’argent. 

 

Une fonction dans la vie de tous les jours

Quand le grand père ouvrait le couteau alors le repas commençait : les enfants devaient se taire, la grand-mère devait servir le repas. A la fermeture du couteau, le repas était alors terminé. Les gens autour de la table devaient se lever pour aller travailler, les enfants pouvaient jouer et parler et la grand-mère pouvait alors débarrasser la table.

L’inspiration du modèle « bottine »

 

Un coutelier laguiolais aurait lever le jupon de sa femme et aurait reproduit en guise de manche la jambe de son épouse…

Quand donnait-on un couteau à son enfant ?

 

Quand il était en âge tout seul de garder le bien le plus précieux de la ferme : le troupeau de vache. Ce couteau servait à manger, fabriquer un bâton, tuer un poulet, couper une ficelle, … de vivre au quotidien sur le plateau de l’Aubrac