Aubrac, terre de couteaux

Là où les bœufs fournissent la corne la plus belle. Là où l'Artisanat devient un Art.


Le plateau de l'Aubrac, et plus particulièrement Laguiole, a donné son nom
à l'un des plus emblématiques produits de la coutellerie française : les couteaux laguiole.

 

Vaches en Aubrac "Quand ils partent loin de chez eux, il y en a qui emportent un peu de terre dans leur mouchoir. Les Aveyronnais sont bien plus malins que ça. Vers 1850, quand ils sont montés à Paris ou quand ils se sont embarqués pour les Amériques, ils ont mis dans leur mouchoir le plus fabuleux des talismans, leur porte-bonheur garanti 100%, leur Laguiole."

 

Les paysans de l'Aubrac, meneurs de troupeaux et premiers clients du Laguiole, ont besoin d'un poinçon pour travailler le cuir des courroies et des attelages ?
On ajoute un poinçon au Laguiole...

A Paris, les débits de boisson, nouveaux grands employeurs de main-d'œuvre aveyronnaise, ont besoin d'un outil efficace pour décacheter et pour ouvrir leurs bouteilles ?
On ajoute un tire-bouchon au Laguiole !

Là où les bœufs fournissent la corne la plus belle. Là ou où l'Artisanat devient un Art. S'il n'y avait pas une question de chronologie, si l'on ne savait pas de source sûre que la main a été créée avant le Laguiole, quand on prend un Laguiole en main, on pourrait croire que c'est le contraire… "

 Un couteau servi sur un plateau

On pourrait planter le couteau dans cette terre comme dans un fromage et essayer de la découper pour en savourer toutes les parts, les facettes, les saveurs. L’Aubrac, c’est un plateau de basalte et de granite, chevauchant  l’Aveyron, la Lozère et le Cantal, à une altitude moyenne de 1000 mètres.

 

Un plateau aride, presque austère au premier abord, sur une superficie de 40 Km sur 20. Pourtant, son sol est riche de mille plantes, sa surface ondulée et légèrement escarpée se modifie tel un tableau selon les saisons. Sa faune prolifique. Lorsque l’Aubrac s’offre à vous en se mélangeant à un ciel instable, il est le lieu de l’évasion, du recueillement, d’un sentiment de plénitude, certains diront d’une sorte de félicité. Il suffit de  suivre les « drailles », ces barrières rocailleuses qui le sillonnent, pour en humer l’ambiance. D’abord en s’extirpant des denses forêts de hêtres et de chênes plantées sur ses contreforts, en dessus des vallées du Lot et de La Truyère, là ou vivent paisiblement biches et cerfs que l’on entend bramer fin septembre. Ces mugissements rauques enveloppent alors l’endroit d’un tonnerre permanent. Ensuite, pourquoi ne pas longer les « boraldes », ces petits ruisseaux serpentant malicieusement et quadrillant le paysage ? Pour tomber ensuite au bord des nombreuses « tourbières », dépositaires du temps. En empruntant les chemins foulés depuis des siècles par les pèlerins en route vers Saint-Jacques de Compostelle, vous retrouverez la paix de l’âme.
 

 

Mais s’il fallait faire un voyage idéal sur l’Aubrac, ce serait à travers les saisons. A la fin du printemps, lorsque les narcisses recouvrent les lieux d’un drap blanc ondulé, à côté des gentianes, du thé d’Aubrac, des sorbiers, des poussées colorées de milliers de fleurs trouvant là un parterre idéal et unique en Europe. L’été les herbes brunissent, les jonquilles rivalisent d’éclat avec un soleil de passage, un bleu du ciel  intense, des raretés endémiques dont certaines orchidées. L’automne, quant tout s’éteint un peu mais revêt un camaïeu de brun propice aux poussées de cèpes et de girolles. L’hiver, lorsque les vents de tous bords viennent jouer avec un manteau paisible de neige qui enveloppe l’Aubrac le couvrant pour une longue nuit. Là, les jeux de miroirs et de reflets entre ciel et neige offrent à chaque moment un tableau inédit, entre grondement  brumeux et tranquillité blanche. Vous croiserez sur cette route les   reines du lieu : les vaches  brunes aux yeux étranges. Vous vous arrêterez dans un « buron », ces granges dans lesquelles on confectionne le fromage, et où l’on sert le fameux aligot. Vous ferez un crochet par le lac des Picades, par le dôme d’Aubrac dans les forêts improbables, sur des étendues désertiques, sur les traces de la bête du Gévaudan.

Terre de contraste, l’Aubrac, ce « lieu élevé », cet « alto braco » comme l’avaient  surnommé les moines, pionniers des lieux, vous pourrez alors planter votre couteau dans ces entrailles là, où « s’élève la lame ».

 

Aubrac« Voyage au centre d’une légende »

 

C'est à  l'histoire de ce pays, l'Aubrac ; de ce couteau, le Laguiole ; et de ses hommes,
et leur savoir-faire, que nous vous convions dans notre ouvrage « Voyage au centre d’une légende »
en vente à la boutique. Une balade en images et en mots, dans tous les temps et les espaces.
Une incursion dans la fabrication, l'histoire et  l'environnement qui ont fait et construiront
encore longtemps la légende du  plus célèbre des couteaux : « LE Laguiole ».
Un voyage au centre de La Forge dans laquelle  la philosophie met en avant les hommes,
le produit au coeur d'un pays caméléon, austère et sauvage, basaltique ou multicolore
où les hommes « parlent peu, sauf quand il y a quelque chose d'important à dire ou à faire. »

Livre "Voyage au centre d'une légende" 62 pages, textes de Philippe Gagnebet
et photos de Patrice Thébault, aux éditions "Au Fil du Temps".
En vente à la boutique de la manufacture FORGE DE LAGUIOLE